Hélène Noville
& Théo Dejace
Théo Dejace, Hélène Noville
& Yvonne Dejace
Maman & papa Dejace

Biographie Th. DEJACE-LIEGE

 

Né le 7 mars 1906 à Liège, dans une famille ouvrière.

Le père ouvrier peintre en bâtiment, illettré, fonde son syndicat dont sa femme tient les comptes. Il est marxiste et suit avec succès des cours du soir mais est renvoyé de partout pour sa propagande syndicale.

 

En 1914, la guerre éclate et le père DEJACE dénonce son caractère impérialiste. Il donne à boire et à manger aux soldats belges comme aux soldats allemands qui monte la rue du Calvaire vers le fort de Loncin. Il est arrêté en suivant ces soldats et fusillé par les Allemands qui ne révèleront jamais son arrestation ni son assassinat.

 

La maman DEJACE est veuve avec deux enfants:

-Théo, 8 ans

-Léonard dit Léopold, 5 ans.

 

Recherché partout , même en Allemagne, le père, ou plutôt ses restes, ne seront retrouvés qu'au lendemain de la guerre, à la gare de Montegnée.

Orienté vers l'enseignement, Théo DEJACE termine ses études d'instituteur en juillet 1925, à l'Ecole Normale de Jonfosse (Liège). Il est fortement orienté vers la littérature, la peinture,  les arts mais il est marxiste léniniste grâce aux publications politique à l'Université Ouvrière de Paris avec une pléiade de savants dont Georges COGNIOT.  Aimant le sport, il devient professeur d'éducation physique.

 

Il fait son service militaire du 15 septembre 1925 au 14 septembre 1926.

Il est instituteur intérimaire à Micheroux Hasard du 15 septembre 1926 au 9 avril 1927. Son enseignement est progressiste grâce à l'I.T.E. et aux partisans de l'I.T.E. à Liège  et en Belgique. Mais il est bientôt chômeur comme tous les diplômés de sa promotion, d'ou la recherche obstinée d'un gagne-pain, d'autant plus qu'il est orphelin de guerre.

 

Employé en banque de 1927 à décembre 1928, il accepte la gestion administrative gratuite de l'Ecole de Musique Grétry à Outre-Meuse, institution folklorique toujours vivante mais gérée pat des libéraux et des socialistes.

 

La recherche de gagne-pain le conduit pour quelques mois à être agent de police à Liège du 2 janvier 1929 au 16 septembre 1929.

Ce fut une admirable école de lutte de classe.

 

Enfin, il est appelé à prendre son tour d'instituteur de 16 septembre 1929.

Grâce au concours d'un inspecteur socialiste, il est sensé rester en fonction jusqu'au 31.1.43. Mais il est rentré au Parti Communiste et dans la clandestinité à partir du 10 mai 1940.

 

Dès qu'il fonctionne dans l'enseignement, il devient secrétaire de la Section syndical du Personnel socialiste et est actif à l'International des Travailleurs de l'Enseignement.

 

Il est aussi actif à la jeune garde Socialiste et au Parti Socialiste de Liège bien qu'il soit communiste.

Il est membre des Intellectuels antifasciste et au Mouvement Wallon.

Il devient secrétaire du Rassemblement Universel pour la Paix pour la région de Liège (100.000 membres).

En 1939, il est mobilisé à l'armée jusqu'a la veille de la guerre 1940.

Il n'a jamais cessé d'être en rapport avec les communistes et entre officiellement au Parti Communiste en mai 1940 ainsi que dans la clandestinité, au service de l'Armée Belge des Partisans dont la formation est commencée à Liège.

 

Il est membre du secrétariat de la Fédération Liégeoise du Parti Communiste et s'occupe des Comités clandestins de lutte syndicale et de leurs presse.

Il échappe aux recherches de la Gestapo et il y échappera jusqu'à la fin de la guerre malgré ses nombreuses activité antihitlérienne.

 

Le Parti Communiste (Edgard LALMAND) le charge de constituer un front antifasciste. Il y réussit grâce à ces nombreuses relations, dans le 1er septembre 1941, en unissant le Parti Communiste, les Intellectuels Antifasciste, les Anglophiles et Wallonie Libre section de Liège sous le titre FRONT WALLON POUR LA LIBERATION DU PAYS.

Ce sera la 1er section du Front de l'Indépendance national dont le succès sera tel qu'à la Libération tout les partis se groupent autour de lui. A son Comité National, DEJACE y représente les comités de luttes syndicales clandestins. Il est non seulement secrétaire national de C.L.S. (Comités de lutte syndicale) mais aussi de la Confédération belge des Syndicats Unique qui ont été créés à cause des tergiversations de la GGT (socialiste) et de la CSC (chrétiens) pour ne faire qu'un seul syndicat comme le voulaient les travailleurs.

 

Grâce à la cession d'une partie importants des C.L.S. à André RENARD (métallurgistes) et à André GENOT (services publics), l'unité syndicale réussit et se forme la F.G.T.B. (Fédération Générale des Travailleurs de Belgique)

 

DEJACE devient un des 5 secrétaires nationaux de la F.G.T.B. en 1945.

La même année, il est à Paris pour la construction de la Fédération Syndicale Mondiale. Mais ces fusions syndicales vont subir un assaut terrible, commandé et subsidié par les syndicats américains dans le cadre de la guerre froide.

 

DEJACE qui avait accédé au Comité Centrale du Parti Communiste en 1943, est élu au Bureau Politique et il y est député communiste en 1946. Il restera au parlement jusqu'à 1968 et au conseil communal de Liège jusqu'à 1976.

 

Malgré son avis, le bureau politique le prie de sortir du Secrétariat national de la F.G.T.B. à cause des multiples manoeuvre social-démocrate pour prendre la direction de la F.G.T.B. C'était une grossière erreur politique qui valut au Bureau Politique d'être renversé.

 

Mais en fait, il fallait beaucoup de courage pour supporter les assauts multiples contre la fusion syndicale. La F.G.T.B. se retira d'ailleurs de la Fédération Mondiale.

Théo DEJACE rentré dans les cadres nationaux du Parti Communiste est envoyé en 1949 à la Fédération Liégeoise pour y renforcer la direction. C'est une nouvelle très mal prise par la Fédération Liégeoise que dirigent Ernest BURNELLE et R. BEELEN.

En 1968 DEJACE est sénateur honoraire à l'âge de 63 ans en 1976, conseiller communal honoraire de Liège.

Son retour à Liège lui donne une épouse admirable de dévouement, 19 ans plus jeune que lui et dont il aura bientôt une fille à son image.

 

Le 21 août 1968, éclate l'affaire de Tchécoslovaque.

Th. DEJACE s'élève contre tout ce qui peut conduire les partis communistes occidentaux à rompre avec le camp socialiste. Il n'est pas d'accord avec la direction national du Parti Communiste de Belgique qui suit celle du Parti Italien et du Parti Communiste Français.

 

Le 18 septembre 1968, il démissionne du Comité Central où il siège depuis 1943, pour ne pas partager la responsabilité de rupture avec l'internationalisme prolétarien.

Mais il annonce qu'il sera de nouveau candidat au Comité Central au Congrès National du Parti en novembre 1968.

 

Le 17 novembre 1968, malgré la forte opposition de tous les dirigeants qu'il avait heurté; dans l'affaire Tchécoslovaque, DEJACE, soutenu par une grosse majorité du Congrès Fédéral de Liège et par 66% du Congrès national, est réélu au Comité Central.

 

Il entre au secrétariat de la Fédération Liégeoise de Belgique.

Le 4 juin 1969, il écrit à la direction nationale du Parti Communiste de Belgique pour lui dénoncer l'incapacité de la direction fédérale de Liège. La même année, bien que dérangé par d'épouvantable douleurs du trijumeaux, il entreprend l'organisation systématique des relations Est-Ouest à Liège (jumelage  Liège-Volgograd, Liège-Pilsen, Liège-Cracovie, Liège-Magdebourg).

 

Il a aussi repris beaucoup plus d'activité au Front de l'Indépendance pour y défendre un passé glorieux que le Parti a laissé dénaturer et aux Amitiés Belgo-Soviétiques par le truchement de jumelage LIEGE-VOLGOGRAD qui fut un gros succès.

 

Les 13 et 14 décembre 1969, un congrès de la Fédération Liégeoise du P.C.B. porte à son secrétariat Marcel LEVAUX, Théo DEJACE et Léon TIMMERMANS.

Le renouvellement du secrétariat continuera par la suite avec les éléments plus jeunes et plus Marxistes dont Albert JUCKMES avec ce dernier, la lutte idéologique va s'exacerber et rencontre l'opposition du Bureau Politique, contre l'avais de Théo DEJACE qui sait néanmoins dénoncer les défauts d'Albert JUCKMES.

 

Une lutte sérieuse s'engage et Albert JUCKMES est l'objet d'une sanction injuste qui l'empêchera d'enter au Comité Central.

DEJACE se voit proposé d'y resté à titre honorifique en même temps qu'isabelle BLUME, avec le droit de présence et le droit de parole.

Au congrès suivant, le droit de parole au Comité Centrale lui est supprimé sans explication comme quand il avait été sorti du Bureau Politique par la direction précédente.

DEJACE redevient  un militant Liégeois et ça n'est pas pour le décourager car la Fédération Liégeoise du Parti, sous la direction de JUCKMES, de LEVAUX  et de BERGEN est à la fois la plus nombreuse et la plus marxiste à deux ou trois exception près. les dirigeants y compris DEJACE y sont évidemment pour quelque chose.

 

Le Bureau Politique n'as pas osé aller au-delà de la sanction à JUCKMES mais il n'y à plus que deux Liégeois au Comité Central, DEJACE tout en restant au Comité Central pour l'honneur en est pratiquement exclu et il y n'y a pas un seul Liégeois au bureau politique. La Fédération Liégeoise, tout en étant la plus forte numériquement et politiquement, est donc tenu à l'écart, DEJACE y compris. Cela n'a pas été obtenu par des tricheries mais par des calomnies savamment répandues et par la lutte des Liégeois contre l'opportunisme de la plupart des dirigeant nationaux, une lutte que la base n'a pas connue dans aucune des régions sauf à Liège et qu'elle rejoignent de plus en plus par elle même.

 

DEJACE, parmi ses activités, doit encore faire état de nombreux voyages soit à la demande du Parti Communiste, de l'Union interparlementaire, de l'International de l'Enseignement et à ses propres frais parfois. Son premier voyage en Bulgarie lui a fait rencontrer G. DIMITROV, un an avant sa mort et Georges COGNOT, son ami et éducateur marxiste Français. Il faut y ajouter, la République démocratique allemande, l'Autriche, la Chine Populaire, Cuba, l'Espagne, l'Allemagne fédérale, la Finlande, la Grande Bretagne, la Hongrie, l'Italie, le Luxembourg, la Pologne, la Tchécoslovaquie, l'U.R.S.S., la Yougoslavie, la Roumanie. Dans certains de ces pays, il y est allé plusieurs fois notamment en U.R.S.S. et en R.D.A.

 

Inutile de dire que DEJACE à donné des cours, fait de nombreux meetings et conférence, écrit  des milliers d'articles dont un grand nombre ont été refusé par le journal "Le Drapeau Rouge" tenu dans la ligne réformiste.

 

Bien qu'il soit toujours président de la Section de Liège du Parti Communiste et membre de son comité fédéral, sa plus grosse activité depuis 1968 est au Front de l'Indépendance (il est membre du Conseil Général de la Fédération International des Résistants) (F.I.R.). A Liège il est le président au Front de l'Indépendance et vice-président de l'Union de la Résistance de Liège.

Au Front de l'Indépendance, il est surtout employé à faire écrire et imprimer l'histoire du F.I..

Il en est sorti une bonne dizaine de brochure historiques.

 

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On me demande quels sont les noms, prénoms, profession exacts:

1. de mon frère (je n'en ai qu'un): DEJACE Léonard dit Léopold, lieutenant aviateur, tué à la R.A.F. dans la bataille d'Angleterre ;

2. de mes enfants: DEJACE Yvonne, rédacteur, mère d'une fillette de deux ans et vivant avec ses parents;

J'ai aussi un fils né à la libération, chimiste, mais avec lequel je n'ai jamais eu de rapport en raison de mésentente.

3. de mes parents: mes parents directs sont tous décédés:

4. de mon épouse: NOVILLE Hélène, prépensionnée, fille d'ouvrier mineur, sous-chef caissière de grand magasin et déléguée syndicale, après avoir été mise en chômage comme cigarillossière, du chef de son mariage avec un communiste.

 

Au début de ma carrière d'instituteur, j'avais épousé une autre fille de mineur dont j'ai divorcé.

II

J'ai collaboré au Drapeau Rouge à partir de 1940 jusqu'à ce jour.

Le journal FRONT du F.I. était fait par DEMANY  surtout pendant la guerre.

J'y collabore depuis sa renaissance il n'y a guère et sur ma proposition.

III

Je n'ai pas de religion. Toute ma famille est marxiste léniniste et athée.

IV

Je ne suis pas franc-maçon.

V

 Je collabore uniquement à la presse ouvrière ou syndicale, rarement à d'autres.

VI

 

DECORATION

Croix d'officier de l'Ordre de Léopold

Commandeur de l'Ordre de Léopold

Médaille de la Résistance

Médaille civique de 1er classe

Médaille des vétérans du Roi Albert

Médaille du Mouvement Wallon

Médaille de la Fédération Internationale des Résistants

Médaille de la République Libre d'Outre-meuse

L'Etoile Rouge de l'Union Soviétique

Décoration R.D.A. de la lutte contre le fascisme

Décoration de Tchécoslovaquie  etc.....

VII

Je suis sénateur honoraire.

Je suis conseiller honoraire de Liège.

Je suis membre honoraire du Comité Centrale du Parti Communiste de Belgique.

VIII

Je n'ai pas de fortune. Ma femme est prépensionnée caissière.

Moi, j'ai 46 000 frs de pension par mois et nous somme usufruitiers de la maison que nous occupons avec notre fille, son enfant de 2 ans et une soeur aveugle de ma femme. J'ai toujours accepté de vivre avec un salaire moins élevé que celui d'un ouvrier qualifié.

 

Ce que j'ai le plus apprécié pendant mes 22 ans de parlementaire et comme conseillé communale , c'est ma participation aux grandes luttes ouvrières, aux luttes pour la démocratie et pour la paix, aux efforts de rapprochement entre l'Est et l'Ouest et avec le Tiers-Monde.

 

DEJACE a toujours voulu maintenir une activité à la base par la cellule André BENSBERG. Cela l'a conduit à créer un comité de quartier dès 1968, unissant l'action des communiste, des chrétiens, des socialistes, etc.... Il est aussi devenu, depuis 7 ans, le dirigeant principal d'un Cercle Culturel de Belges et d'Immigrés appelé Cercle Culturel Liberta et subsidié par l'Etat.

 

Il a fait partie, avec son ami René KLUTZ, des groupements pour la paix et pour l'aide aux Chiliens, au Nicaragua, à l'Afghanistan socialiste, à l'Angola, au Mozambique, au Liban, au Vietnam, au Kampuchéa libéré, au Polisario, etc...

 

Mais DEJACE est confronté à une grosse difficulté. Il vient d'atteindre 78 ans et souffre d'artériosclérose à la jambe et d'un syndrome de Parkinson.

 

Les médecins le mettent en demeure de cesser toute activité sous peine de troubles graves. Th. DEJACE essaie de leurs obéir mais c'est bien difficile après plus de 60 ans de militantisme actif.

 

Il appelle de tous ses vœux des remplaçants pour que vive le communisme et sa démocratie dans la paix.                                                     

 Théo . DEJACE

 

21,rue du Snapeux

4000    LIEGE

 

Achevé le 25 mars 1984 pour l'anniversaire

de sa petite fille qui a deux ans ce jour.

M.M  Le 04 juin 2020