Peut-on vivre sans religions, sans églises, sans prêtres ?

Mais la plus importante me paraît être la première : peut-on vivre sans religions ? Qu'est ce qu'une religion ? Ce terme est si vaste qu'il peut définir une simple conviction, puisqu'on peut parler raisonnablement du culte de la famille, du culte de la Patrie, du culte des Ancêtres, du culte de la Liberté, même le sport est devenu de nos jours une véritable religion avec, malheureusement, quelques fanatiques violents.

Le génie côtoie trop souvent la folie, l'un et l'autre pouvant fort bien coexister.
Le nombre de mystiques chez les intellectuels est probablement supérieur à la moyenne générale.

S'il n'est pas facile d'être athée dans nos régions occidentales où il règne encore un lourd et tenace atavisme chrétien, il l'est encore moins dans des régions ou le judaïsme règne en maître et c'est pratiquement suicidaire dans certains pays islamiques où l'athée est passible de la peine de mort la plus cruelle, comme il l'était dans nos régions occidentales, lorsque le christianisme faisait la Loi.

Il est toujours bon de rappeler que pour cause d'athéisme, même à l'époque de la Renaissance, Vanini fut brûlé vif après qu'on lui eut arraché la langue et qu'il n'y à guère plus de deux cents ans, le Chevalier de la Barre fut torturé et exécuté toujours pour ce même motif.

Pour celui qui n'a pas le trouble mystique, les religions traditionnelles, comme les sectes et autres associations mystiques, proviennent manifestement d'un trouble psychique.

On a dit, avec lucidité et beaucoup de bon sens, que la religion était l'opium du peuple, ou, comme l'a dit Freud, que les religions traduisent une névrose obsessionnelle, collective.

Me référant aux exemples des célèbres athées que j'ai cités, je conclurai en affirmant qu'on peut fort bien vivre, et même vivre mieux sans religions, comme on peut fort bien vivre sans alcool ni tabac.

Les religions mystiques ne sont en effet qu'une aliénation psychique néfaste de la fonction intellectuelle, comme les drogues sont des aliénations chimiques extatiques, infernales ou paradisiaques, des sens.

De même pour beaucoup de personnes la religion traditionnelle ou le mysticisme courants sont des passe-temps agréables sans grand danger, avec un attrait théâtral, féerique, plaisant et enchanteur; alors que pour certains fanatiques, ce sont des facteurs d'oppression de haines et de violences mettant en danger non seulement leur propre personne mais aussi leur entourage, leur société, quand ce n'est pas le Monde entier.

Il ne faut pas que la propagande religieuse mystique, plus ou moins coercitive, soit soutenue et encouragée par les pouvoirs publics, sans donner aux athées les mêmes possibilités de défendre leurs convictions.

Il ne peut être question d'interdire les religions mystiques et d'imposer l'athéisme, ce qui aurait inévitablement les mêmes conséquences tragiques et déplorables que la prohibition.

L'injustice scandaleuse et révoltante d'aujourd'hui réside dans le fait que les activités religieuses mystiques sont encouragées et aidées par les pouvoirs publics, alors que l'athéisme ne bénéficie d'aucune aide ou d'aucun avantage du même ordre.

Actuellement scandaleusement bafouée par les pouvoirs publics, au mépris de la Constitution, des Lois de 1905 et de 1990, de la Convention Européenne des Droits de l'Homme et de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.

Tous ces textes condamnent formellement les avantages donnés unilatéralement à certaines religions.
Une résolution soit prise, aujourd'hui, dans ce sens en premier lieu pour que les athées puissent équitablement bénéficier régulièrement de la Télévision Nationale, de même que les religions traditionnelles, qui diffusent leurs thèses dénigrantes pour les athées.

Pourquoi une action antireligieuse ?  
Les facilités et les droits accordés à la religion doivent être aussi donnés à ceux qui ne croient pas.

Puisque les croyants font une propagande publique atteignant les incroyants, ils devraient admettre que les incroyants ont droit à une propagande publique atteignant les croyants. La contradiction est considérée par eux comme une attaque et une insulte qu'ils ont souvent punie de tortures et de mort, quand ils en avaient le pouvoir.

C'est pour son incroyance que Socrate fut condamné à être empoisonné ; pour la même raison, il y a moins de 400 ans, on arracha la langue de l'athée Vanini avant de le faire périr sur le bûcher, " l'affreux hurlement qui sortit de sa bouche, horrifiant l'assistance, s'est répercuté jusqu'à nous en un écho lugubre " (P. A.). 
 
La propagande antireligieuse est donc une juste défense contre la propagande religieuse.
LES FONDEMENTS DE L'INCROYANCE

L'étude de la bible n'est pas un livre unique.
Chaque secte qui la revendique a sa propre version qu'elle considère comme la Vraie Bible.
C'est ainsi que la Bible officielle des catholiques romains viendrait, pour sa partie la plus ancienne, d'une traduction en grec déjà contestée par d'autres croyants, suivie d'une autre traduction en latin dont on ne sait que dire, cette dernière ayant été retouchée par un auteur prétendu inspiré : Jérôme, que l'Église a déclaré saint.

La vie du Christ telle que la décrit l'Église, n'est pas historique.
Aucun historien qui aurait pu vivre à cette époque en Palestine n'en fait état.
Les Évangiles viennent de cet amalgame traité différemment par de nombreux auteurs qui bien que prétendus "inspirés" n'étaient pas d'accord entre eux, ce qui a obligé l'Église à faire un choix et à n'en retenir que quatre qui n'étaient pas trop contradictoires.

"Tu ne tueras point", mais dans les pages suivantes, Dieu ordonne de massacrer tous les ennemis vaincus et de prendre leurs femmes pour épouses.
Ainsi le texte est si contradictoire que toute affirmation peut trouver son contraire.
En voici un exemple caractéristique (Job 12) : " Dans les vieillards se trouve la sagesse " et quelques lignes après : " Dieu prive de jugement les vieillards " !

Dieu lui-même qui les inspire : (Esaïe 8) " L'Éternel me dit : " Qu'on se hâte de piller qu'on se précipite sur le butin "". Ailleurs Dieu ordonne à Abraham de tuer son fils par simple preuve. Un pauvre halluciné pourra donc toujours penser que Dieu lui inspire des violences et de mauvaises actions.

Ne nous étonnons pas que la religion soit souvent à la base de crimes, tortures, pillages, guerres.
Au nom de Dieu on brûlait les "hérétiques", les prétendus "sorciers" et "sorcières", quitte à en faire quelquefois des "saints" après les avoir suppliciés (Jeanne d'Arc).

La Sainte Inquisition martyrisait les suspects et l'on entreprenait des guerres de conquêtes (croisades, guerres saintes). Rappelons le mot célèbre d'un valeureux inspiré: " Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens ! ".
Ainsi non seulement la religion n'est pas un frein pour ce violent, mais un encouragement puisque Dieu doit compenser ses erreurs.

La religion ne donne donc pas des règles de vie, mais des moyens de justifier n'importe quel comportement.
La morale du croyant comme celle de l'athée ne vaut que de ce que vaut l'individu.
La religion n'apporte rien d'autre qu'une certaine confusion susceptible de troubler les esprits faibles.
Intolérance à l'égard des autres sectes.
Haine raciale (Juifs).

Mépris et persécution de la science (le pape condamna l'illustre Galilée à la prison perpétuelle).
Haine de certains animaux (serpents, porc). Tendance aux croyances naïves, ridicules et parfois dangereuses :

LA NAISSANCE DE DIEU.
L'homme dans l'échelle animale est caractérisé par le développement hypertrophique de son cerveau.
C'est sa plus grande supériorité mais aussi une source de faiblesse, car ce cerveau arrive à travailler anormalement. Il n'y a donc pas un Dieu, mais autant de Dieux que de déistes.
Ainsi s'explique l'opposition des croyants entre eux et leurs persécutions mutuelles.
L'athée refuse de faire ce travail insensé consistant à se bâtir un Dieu pour l'adorer.

Dieu, l'immortalité de l'âme et autre chimères ….
(Extrait de "Histoire de Juliette ou les prospérités du vice ")
Marquis de Sade
Ne doutons pas que les prêtres aient eu leurs motifs, pour imaginer la fable ridicule de l'immortalité de l'âme : eussent-ils, sans ces systèmes, mis les mourants à contribution ?

Faits et méfaits de l'OPUS DEI
LA GARDE BLANCHE DU PAPE
La "garde blanche du Pape" est un outil de "christianisation" fortement encouragé par Jean Paul II et l'extrême droite catholique. C'est une milice religieuse, puissance économique et politique cherchant a infiltrer les pouvoirs étatiques.

L'Œuvre cultive le culte du secret : les membres ne doivent jamais révéler soit leur appartenance, soit l'appartenance d'autres membres à l'Œuvre. Tous les moyens visibles et cachés, publics et secrets sont employés car il faut s'étendre dans le monde entier.

Jean Paul II fut élu Pape GRACE A L'OPUS DEI.
Fondée en 1928, dans le lit de l'Espagne Franquiste, la haine du communisme, des juifs par un jeune prêtre, José-Maria Escriva de Balaguer, canonisé depuis par Jean-Paul II. Sa constitution est secrète.

Comme le Pape Pie XII, il minimisa l'horreur du nazisme, et de l'holocauste, y voyant un rempart "providentiel" contre le communisme.
Hitler sauveur avec Franco de l'Espagne communiste : "Hitler contre les juifs, c'était Hitler contre le communisme" (José-Maria Escriva de Balaguer).

QUELQUES VÉRITÉS
RÉSEAU FASCISTE
L' Opus Dei protège les anciens SS en fuite depuis 1945, ce dans le monde entier, comme l'ancien recteur de l'Université d'Aix-la-Chapelle, en fait un SS proche collaborateur d'Himmler.

En France, l'abbé Wenceslas Munyeshyaka criminel contre l'humanité, responsable de massacres et de viols à Kigali en juin 1994 a obtenu l'asile en France grâce à Mgr. Joseph Duval, président de la Conférence épiscopale de France, qui aurait couvert sa fuite en lui offrant en prime un ministère sacerdotal.

L'Église de France réédite la soustraction à la Justice d'un criminel contre l'humanité, malgré le précédent scandaleux de Paul Touvier (c'est dans un cloître proche de Nice que l'on retrouvera l'ancien milicien du régime Pétainiste).

Un haut prélat d'Amérique du sud laisse 4 religieux se faire torturer (car opposant au pouvoir en place). Ce digne personnage sera reçu avec faste par Mr Gaudin maire de Marseille, membre de l' Opus comme Mr R. Barre. La femme du Président de la République serait pour la reconnaissance des associations catholiques d'extrême droite de Mgr Lefèvre et pour légaliser l'occupation de leurs lieux de culte.

RÉSEAU ECONOMIQUE
L'Œuvre, comme toute bonne secte ne recrute que chez les grands décideurs : en Espagne, se sont d'anciens Franquistes. Chez nous se sont entre autre :
• M. Claude Bébéar, le patron du groupe des assurances AXA et député européen
• M. Michel Albert, patron des assurances AGF
• M. Didier Pineau-Valencienne, PDG du groupe Schneider
• M. Louis Schweitzer, patron de Renault

Ce joli monde donne des conférences dans les salons de l'Opus. La firme L'Oréal traine dans le coin...
D'un autre coté la haute jeunesse bourgeoise catho est également hautement sollicitée : des futurs PDG ?

RÉSEAU POLITIQUE
La droite en France : D'anciens ministres et premier ministre de droite sont sympathisants voir membres de l'Œuvre.
La plupart des conseillers de Jacques Chirac font parti de l'Opus Dei.
Depuis sa nomination en tant que chef d'État ils sont tous au pouvoir.

Dans le premier gouvernement Juppé par exemple :
• une femme ministre se dit "chrétienne et pour l'éducation à la vie",
• une autre écrit "Les Aventurières de Dieu",
• une autre est la fille du fondateur du mouvement anti-avortement "Laissez-les vivre", nommé par Jean Paul II au Conseil pontifical pour la famille et membre de l'Opus Dei.

Les liens de l'Œuvre avec "la trêve de Dieu" de Claire Fontana (dont les membres s'enchaînent dans les hôpitaux dans des commandos anti-IVG) sont connus.

Le Président Jacques Chirac , lui-même , appartient à l'Association des amis du Professeur Lejeune ( principal instigateur des commandos anti-avortement aux États-Unis et en France et à l'origine de Laissez-les-vivre, Les femmes et les enfants d'abord, Secours aux futures mères, L'attestation des défenseurs de la vie etc.).

Les assassinats de médecins (pratiquant l'IVG) aux USA par les commandos anti-avortement sont fait avec la bénédiction du Pape !

Le 20 janvier dernier, visite d'État de Jacques et Bernadette Chirac sont au Vatican (la première d'un président français depuis 1959). Un Président d'une République laïque (président de TOUS les Français ?) qui rassure le pape sur "la fidélité de la France à son héritage chrétien", parlant des valeurs communes de la France et du Vatican. Rappel de l'article premier de la Constitution : "la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale". Le premier magistrat de France semble peu préoccupé de sa propre constitution !

RÉSEAU FINANCIER
Un réseau financier puissant basé sur des banques en Suisse, Italie, des sociétés, des fondations, des associations et des syndicats : Solidarnosc le syndicat Polonais fut soutenu financièrement par l'Œuvre, et comme par hasard, le pape polonais fut le candidat de L'opus dei après la mort du pape JP 1er.

Des scandales financiers énormes finissent par des meurtres ou suicides - le prince Jean de Broglie, trésorier des Républicains Indépendants de M. Valéry Giscard d'Estaing et proche de l'Opus est assassiné. Cette affaire est d'autant plus intéressante que les déclarations hâtives du ministre de l'Intérieur avait empêché de comprendre les mobiles du meurtre. Ce n'est que plusieurs années plus tard, à l'occasion du scandale Matesa en Espagne que l'on découvrit que Jean de Broglie était un des financiers de l'Opus Dei, et que le parti de Michel Poniatowski avait bénéficié de ses largesses.

La banque Ambrosiano très proche du Vatican est en banqueroute, la Loge italienne P2 y est mêlée, le directeur de la banque est retrouvé pendu sous un pont de la Tamise.

RÉSEAU MONDIAL
Si auparavant, la stratégie mondialiste était tournée contre le communisme, la nouvelle lutte semblerait être le puissant jeu de monopoly contre l' islamisme : gagner l'Afrique, revenir dans l'Occident à des gouvernements "forts". Actuellement c'est l'Amérique du sud qui a le vent en poupe pour l'action de l'Œuvre (tous les hauts prélats nommés par le pape en sont issus).

Au USA, l'Œuvre progresse. En GB, un cuisant article dans le Times remet le mouvement en sommeil momentané.
L' OPUS DEI infiltre aussi les organismes internationaux : l'ONU, la CEE (EEE), l'Unicef, l'UNESCO...

(Éléments tirés des pages de "PROZION, Fuck Ze Front") ENQUETE   Cette enquête montre l'histoire de l' Opus Dei à travers la personne de son fondateur, Escriva de Balaguer, et procède à une démonstration la plus fouillée possible sur la prise d'influence d'un mouvement né en 1928 et devenu en très peu de temps l'un des plus importants de l'église catholique moderne.

José-Maria Escriva de Balaguer est mort en 1975 . Sa béatification a couronné  officiellement l'irrésistible ascension de l' organisation qu'il a fondée : l'Opus Dei , "l'Oeuvre de Dieu ".

L'Opus Dei compte aujourd'hui près de 85 000 membres, 1300 prêtres et 33 prélats et évêques.

Elle dépend directement du pape. L'Opus compte plusieurs universités, des dizaines de résidences d'étudiants, des écoles de toutes sortes, partout dans le monde. La particularité de l'Œuvre c'est que, quoi qu'elle s'en défende, elle s'adresse à l'évidence à un certain milieu social plutôt privilégié.

A l'Opus Dei , on enseigne essentiellement les sciences techniques comme l'architecture ou le droit. Certes, on y enseigne aussi les sciences sociales mais depuis peu et de façon marginale. On préfère le management ou la culture d' entreprise.

L'Opus Dei a, dit-on, réhabilité cet argent si honteux dans le catholicisme traditionnel. Peut-être est-ce l'école de formation de la classe dirigeante catholique rompue aux mécanismes du capitalisme.

L'Opus Dei, c'est aussi un mouvement mystérieux, qui compte ou a compté dans ses rangs nombre de personnages importants parmi lesquels il y a eu et il y a encore des hommes d'États, des hommes d'influence dans les secteurs clé de l'économie ou de la politique.

Qualifiée de "Sainte Mafia" ou de "pieuvre" à l'origine des plus sinistres complots, sur quoi et sur qui repose sa puissance ? A t'elle fait comme on le dit l'élection de Jean-Paul II et quelle est la réalité de son pouvoir au sein de l' Église catholique ?

Pour comprendre cette histoire, l'enquête remonte dans le temps, en Espagne, dans les années 20.
Dans cette monarchie espagnole traditionnelle dirigée par la noblesse, l'armée et l'Église.

L'Église à cette époque, c'est 20 000 moines, 60 000 religieuses et 35 000 prêtres. C'est aussi et surtout l'éducation. Elle y est prépondérante malgré l'existence d'écoles d'État. Mais l'enseignement y est médiocre.

Au début du siècle on avait fait le calcul que l'Église possédait un tiers des avoirs en capitaux du pays et si une partie des terres lui appartenant avait été sécularisées à la fin du siècle précédent, elle en possédait encore une grande quantité.

L'Église en Espagne, c'est une puissance, un pouvoir et c'est aussi pour certains une carrière.

C'est dans ce pays profondément catholique que le jeune José-Maria Escriva de Balaguer, né en 1902, fils de petits bourgeois désargentés, se destine à la prêtrise .

Il va entrer au séminaire dans une époque troublée pour l'Église d'Espagne. Périodiquement des flambées d'anticléricalisme secouent le pays. On brûle couvents et églises avec régularité. C'est la guerre entre cléricaux et laïcs. Dans ce contexte, le jeune homme a des idées bien arrêtées sur son avenir.

Selon l'histoire officielle, il a une vision le 2 octobre 1928, qualifiée de miraculeuse. De là, il crée un mouvement qu'il appelle l'Opus Dei (l'Oeuvre de Dieu ) .

Dans le contexte de l'époque, cela signifie que des catholiques doivent exercer leur foi, sans être visibles, dans la foule, anonymes simplement parce qu'en Espagne à l'époque l'hostilité envers les curés est trop violente .

Escriva ne crée pas un ordre religieux mais un mouvement catholique qui s'inscrit, forcément, dans la vie du pays.

1931. La monarchie s'effondre. La République est proclamée. Elle va s'accompagner d'une immense vague d'anticléricalisme. Être prêtre devient dangereux. On va attaquer et brûler couvents, séminaires et églises .

L'année suivante, le général Sanjurjo, chef de la Gardia Civil tente un coup d'état d'inspiration fascisant. Le coup est mené avec des jeunes étudiants et cadets des écoles militaires. Il échoue au bout de deux jours.

Escriva va, à cette occasion, accomplir un geste qu'il ne renouvellera jamais dans toute sa vie. Pendant plusieurs semaines, il va aller visiter les putschistes dans leur prison, parmi lesquels des jeunes gens qu'il connaît : les futurs membres fondateurs du mouvement.

L'Opus Dei, aujourd'hui, reconnaît la présence de ses fondateurs parmi les jeunes, engagés politiquement auprès de la Droite factieuse.

Le gouvernement multiplie les brimades contre l'Église notamment contre les jésuites finalement expulsés du pays. L' Opus Dei naissante se cache derrière la façade d' une école dirigée par Escriva. Il recrute ses membres parmi les élites, les étudiants, les universitaires et les professions libérales.

1936. La guerre d'Espagne va durer trois ans. À Madrid, Escriva survit dans la clandestinité. La vie d'un prêtre ne pèse pas lourd dans l'Espagne républicaine. Au cours de ces trois ans, 17 évêques sont fusillés, 3000 prêtres sont tués. Alors, Escriva fuit à Burgos avec un petit groupe de fidèles.

Burgos, en effet , c'est la capitale de guerre de Franco. Ici, Escriva retrouve le catholicisme en marche au nom de la Croisade, un terme utilisé par les rois catholiques contre les hérétiques. Et, Escriva et ses compagnons vont s'y fondre avec soulagement. D'autant plus qu'ils vont se porter volontaires et partir sur les différents fronts de la guerre.

Escriva, de son côté écrit un livre, futur best-seller religieux "Chemin" et développe une grande activité de contacts. Incontestablement, Escriva a choisi son camp. Et son camp c'est le camp franquiste... C'est là, en tout cas, que les contacts des années de guerre seront les plus utiles par la suite.

En 1939, alors qu'Escriva rentre dans Madrid avec les premières troupes franquistes, la Croisade a vaincu le communisme, et l'Église est dans le camp du vainqueur.

L'Opus Dei sans la guerre civile n'est pas compréhensible. Dans la première étape de l'Opus Dei qui va depuis le moment où Escriva la fonde jusqu'au milieu des années cinquante, il voulait faire une sorte "d'Action française" mais basée sur la lutte contre les vaincus de la guerre civile. Remplacer les mauvais professeurs, remplacer les nouveaux intellectuels, par ses gens.

Après la guerre, grâce à l'un de ses amis, il pénètre progressivement le milieu universitaire. En 1943 , l'Église réapparaît dans l'école. Désormais, les écoles religieuses vont fleurir après une parenthèse laïque de sept années. Le retour de l'école religieuse va permettre aux disciples d'Escriva d'entamer l'éducation de plusieurs générations de jeunes promis par la suite à un brillant avenir.

Au travers d'autres institutions comme le Conseil Supérieur de la Recherche Scientifique, l'Opus Dei disposera d'une pépinière de recrutement de jeunes chercheurs, de jeunes professeurs avec un avenir brillant.

L'Opus Dei n'est alors qu'un petit groupe de quelques dizaines d'étudiants et de membres des professions libérales qui vivent plus ou moins secrètement leur appartenance au mouvement. Ils se heurtent à l'establishment religieux attaché aux formes traditionnelles et notamment aux jésuites qui voient en l'Opus Dei un concurrent sur le marché de l'éducation. Cela ira jusqu'à la dénonciation de l'Opus Dei devant les tribunaux franquistes.

À Rome, on s'intéresse beaucoup à l'Espagne. Dès la fin de la guerre civile, Pie XII a adressé ses félicitations à Franco. En ces temps de guerre froide, après 1945, l'Espagne franquiste, est le seul pays a avoir vaincu le communisme et cela au nom de l'Église catholique. Pie XII le voit donc d'un œil favorable.

Escriva envoie à Rome son fidèle second, Alvaro Del Portillo (futur successeur d'Escriva après la mort de celui-ci), avant de s'y rendre lui-même en 1946. C'est le grand tournant de l'Opus Dei.

Escriva va voir Pie XII et obtient un statut qui qualifie l'Oeuvre d'Institut Séculier, ce qui ne veut pas dire grand chose mais qui permet aux membres laïcs de l'Opus d'appartenir à une structure dépendant de l'Église sans être eux-mêmes des religieux.

En Espagne, la laïcité, ce n'est pas du tout d'actualité. Ici  on parle encore de Croisade. Mais la Croisade, aujourd'hui, c'est un concept politique récupéré politiquement par les franquistes pour asseoir leur pouvoir. Et l'Opus Dei prend ses distances.

Malgré tout, en 1957, après un intense débat au sein du mouvement, pour la première fois, un membre de l'Opus Dei rentre dans un gouvernement. C'est un coup de théâtre. Ceux que l'on va appeler les technocrates arrivent au pouvoir.

Cette arrivée est logique, cette génération est bien formée et connaît le monde moderne par opposition aux soudards franquistes incultes dans tous les domaines du gouvernement et bien incapables de gérer une administration complexe. Là, se concrétise la volonté de l'Opus de créer des élites catholiques d'un genre nouveau.

Mais le pouvoir suppose des appuis et Escriva les trouvera auprès d'un proche de Franco, l' amiral Carrero Blanco. Eminence grise de Franco depuis la fin de la guerre, Carrero Blanco est un catholique militant. Il n'appartient pas, pour autant que l'on sache, à l'Opus Dei, mais comme d'autres avant lui, il va lui être bien utile. C'est lui qui va faire rentrer les membres de l'Opus Dei au gouvernement.

Le règne des technocrates va durer quinze ans. Quinze ans pendant lesquels l'Espagne va devenir un pays moderne, ouvert sur l'extérieur. Les années d'autarcie d'après guerre et la période sombre des amitiés nazies et fascistes sont passées.

Escriva qui s'est installé définitivement à Rome va ouvrir lui aussi le monde à son mouvement. Il voyage constamment et envoie ses disciples partout. L'Opus Dei va ouvrir la majeure partie de ses centres à cette époque, et va commencer à recruter sur les cinq continents. Pourtant à cette époque, l' Opus Dei n'a plus l'oreille du Vatican. Un ancien membre de l'Opus Dei affirme qu'Escriva lui aurait dit : "Le diable est à la tête de l' Église". Ce diable qui est à la tête de l'Église, c'est le Concile Vatican II et le pape, Jean XXIII.

Le statut qu'Escriva cherchait régulièrement à obtenir de Jean XXIII puis de Paul VI, pour asseoir son existence au sein de l'Église, n'a pas été obtenu. Trop nombreuses étaient encore les oppositions au sein de la Curie romaine
A défaut de succès romains, certains membres de l'Opus Dei se consacrent à l' Espagne. Pour finir l'œuvre de modernisation du pays, il faut assurer l'après-Franco c'est-à-dire, pensent-ils, le retour de la monarchie.

Il y a deux prétendants Don Juan de Bourbon, soutenu par une faction de l'Opus Dei et Juan Carlos, son fils, soutenu par une autre. Juan Carlos a précisément été éduqué par un certain nombre de membres de l'Opus Dei, notamment Laureano Lopez Rodo qui fut l'un des premiers technocrates au pouvoir.

Après quelques années, Lopez Rodo aidé, de l'amiral Carrero Blanco, réussit finalement à persuader le vieux caudillo de faire son choix et nommer en 1969 Juan Carlos héritier de la couronne espagnole restaurée. L'Opus Dei joue la monarchie malgré l'hostilité de la vieille garde franquiste.

En 1975, à la mort de Franco, ce qui était prévu arrive finalement, Juan Carlos devient roi d'Espagne. Le pays devient une démocratie.

Mais à l' autre bout du monde hispanique, en Amérique latine, il en est tout autrement, c'est l'ère des régimes autoritaires et des dictatures militaires. L'image emblématique de ces régimes, c' est le coup d'État militaire du Chili. En 1973 , l'armée renverse, un peu comme en Espagne un régime de Front Populaire. La répression sera effrayante, et c'est le moment que choisit Escriva pour se rendre à Santiago. C'est qu'apparemment il a, là encore, choisit son camp. Il fait des conférences et de l'action pastorale envers les bons catholiques en oubliant les mauvais chiliens qui finissent torturés et assassinés dans les prisons de la Junte. Il ne viendra pas comme en 1932, les visiter en prison et leur conseiller de jouer au football. Mais pour lui ce n'est sans doute pas l'essentiel.

L'essentiel, ce sont ces prélats qui se bousculent ces années-là sous le soleil romain. Il faut donc à l'Opus Dei un statut qui lui garantisse une place originale dans l'Église. Et pour l'obtenir, il faut passer par eux. Escriva en recevra, dit-on, à titre personnel, plus de 1 500. En un mot, il fait du lobbying. Parmi eux, le futur pape Jean-Paul II. Pour la première fois, l'Opus Dei admet, au vu de cette enquête, les contacts anciens noués entre elle et Jean-Paul II .

La mort de Paul VI, suivie de l'intermède de 33 jours de Jean-Paul 1er décédé prématurément, représente pour l'Opus Dei un changement majeur. Les cardinaux souhaitent un pape différent des précédents. Il faut qu'il soit jeune pour durer et en bonne santé pour éviter le sort de son prédécesseur. Il faut surtout qu'il plaise aux représentants des pays du tiers-monde très représentés en cette fin des années 70. Car le tiers-monde est l'un des enjeux majeurs pour l'Église catholique à cette époque.

Celui qui symbolise le mieux cette Église nouvelle s'appelle donc Karol Wojtyla, devenu Jean-Paul II, la providence de l'Opus Dei. Là encore, l'Opus Dei admet, pour la première fois, l'attachement de Wojtyla à l'Opus Dei dès avant le conclave.

Escriva ne verra pas tout cela. Il meurt en 1975 et l'œuvre de sa vie sera confiée à son fidèle second, l'un des premiers membres de l'Opus Dei, Alvaro Del Portillo qui en devient le chef.

Jean-Paul II va multiplier les gestes de sympathie à l'égard de l'Opus Dei. En 1979, Portillo écrit au Vatican un texte où l'organisation est définie comme "un corps mobile de fidèles, prêts à un apostolat de pénétration dans les pays où l'église ne peut pas librement intervenir". En d'autre termes, les pays communistes.

Selon un texte clair, l'Opus Dei se présente comme les missionnaires du pape en pays hostile. Le pape accorde donc en 1982 à l'Opus Dei un statut unique, celui de "prélature personnelle", qui met l'Oeuvre directement sous son autorité. Et puis, il va demander à son corps mobile de l'aider.

D'abord, en Amérique Latine où lOpus Dei est puissant et implanté de longue date. C'est là qu'est née une théologie dite de la libération qui oppose conservateurs et progressistes sur l'action concrète au niveau social et politique. Le pape voit dans la Théologie de la Libération un avatar chrétien du communisme. Cela parce que des prêtres s'opposent aux injustices sociales symbolisées par les dictatures. L'Opus Dei est évidemment du côté du pape .

La crise est profonde en Amérique Centrale, notamment au Nicaragua, pays gouverné par des marxistes associés à certains religieux adeptes de la Théologie de la Libération. À Rome, les conservateurs pressent Jean-Paul II d'aller là-bas pour remettre de l'ordre dans la maison. Son voyage se passe plutôt bien, excepté au Nicaragua où il humilie publiquement un des prêtres membres du gouvernement et en retour, une foule hostile l' empêche de parler. L' affront est insupportable.

Le Vatican tranche : l Théologie de la Libération est condamnée.
L'acte suivant se joue à Santiago du Chili, à Los Andes, quelque part près de l'avenue Escriva, inaugurée par Pinochet quelques années auparavant. Des théologiens membres de l'Opus Dei rejoignent des prélats et d'autres théologiens ultra conservateurs. Malgré cela, le pape finit par trouver un compromis acceptable par les différentes parties. Mais l'Opus Dei s' est montrée publiquement.

L'hostilité entre conservateurs et progressistes éclate en Europe. Désormais, c' est l'Opus Dei qui cristallise sur elle toutes les oppositions à l'Église de Jean-Paul II jugée trop autoritaire, réactionnaire et dirigiste, notamment dans les domaines de l'avortement, la contraception, la place des femmes dans l'église et plus généralement les questions de morale.
 
Ainsi, à Coire, en Suisse, des fidèles hostiles à l'évêque nouvellement nommé, jugé trop conservateur et proche de l'Opus Dei, vont manifester publiquement leur opposition. Ils se couchent par terre en vertu d'un vieux principe qui veut qu'un prêtre empêché ainsi de rentrer dans son église, démissionne. Ce ne sera évidemment pas le cas. Parfois, la contestation atteint un tel niveau que certains prélats ne peuvent plus accéder à leurs églises que protégés par la police.

L'Opus Dei est bien maintenant au centre même de la contestation à Jean-Paul II tant il est vrai que l'Œuvre apparaît bien comme l'un des éléments essentiels de la stratégie du Vatican.

Pour la première fois, le chef de l'Opus Dei est évêque. Ce n'était le cas ni d'Escriva ni de son successeur Alvaro del Portillo. Jean-Paul II a d'ailleurs nommé plusieurs membres de l'Opus Dei, évêques, particulièrement en Amérique Latine.

Mais qui se sert de qui ?
Est-ce Jean-Paul II qui a besoin d'une garde prétorienne fidèle dans tous ses combats d'abord contre le communisme, puis sur les problèmes de société. Ou, au contraire, est-ce l'Opus Dei qui a besoin d'un protecteur pour pénétrer encore plus avant au sein de l'administration vaticane ?

Il y avait de la part de certains dirigeants de l'Opus Dei la volonté de s'installer à Rome. Et la volonté de s'introduire et de pénétrer dans tous les organismes de la Curie du Vatican. Peut-être l'origine de cette volonté se retrouve t'elle dans le fait des difficultés qu'ils avaient eues dans les années quarante où ils n'étaient pas acceptés, où les jésuites jouaient les premiers rôles et tâchaient de les maintenir dans l' obscurité. Ce qui s'est produit c'est que, paradoxalement et pratiquement en même temps, les jésuites se sont relativement peu à peu retirés de ce rôle prépondérant qu'ils avaient joué dans la Curie de Rome et qu'ils ont été presque substitués par des membres de l'Opus Dei.

Cela veut-il dire que l'Opus Dei a le pouvoir au sein du Vatican ? Sans doute pas encore complètement, mais son poids est désormais très lourd jusqu'au Collège des cardinaux, grands électeurs du prochain pape. Tous ceux qui peuvent prétendre à la charge suprême connaissent l'Opus Dei, sont connus d'elle et doivent compter avec elle.

Une telle présence au sein de l'Église catholique, c'est sans doute cela, la vraie œuvre d'Escriva de Balaguer, et par là même l'Opus Dei est au centre du combat pour un retour à "l'Ordre Moral" en y développant et soutenant toutes les théories réactionnaires et néo-fascistes.

Enquête produite par la "Cie des Phares et Balises"
De Jean-Michel Gaillard et Stéphane Khémis

Lettres à un gentilhomme russe sur l'Inquisition espagnole (1815)
Joseph de Maistre (1753-1821)
Édition Louis Lesne, Lyon, 1844

Avertissement :
J'ai eu l'occasion de montrer quel triste sire fut Joseph de Maistre. Le voici dans un genre où il l'excelle : l'imposture. Toutefois, s'il était érudit Joseph de Maistre n'était point intelligent car, en fait, sa défense de l'Église se transforme en acte d'accusation contre l'Église tandis qu'il fait de son accusation des ennemis de l'Église un véritable plaidoyer en leur faveur.

On ne manquera pas de noter dans ce texte – comme dans tant d'autres – son goût maladif de la violence, la torture, la mort…, ce qui ne peut qu'étayer le diagnostic de malade mental établi contre lui.

L'hérésie des Manichéens, plus connus dans nos temps modernes sous le nom d'Albigeois, menaçant également dans le douzième siècle l'Église et l'état, on envoya des commissaires ecclésiastiques pour rechercher les coupables; ils s'appelèrent de là inquisiteurs. Innocent III approuva l'institution en 1204.

Moscou, 1/13 juin 1815.
Observez ici en passant, monsieur, que d'après le rapport du comité des Cortès, non seulement les inquisiteurs devaient assister à la torture, mais que l'évêque même y était appelé, quoiqu'il s'y fît suppléer par un délégué.

NIETZSCHE a dit que tout était permis si Dieu n'existait pas, et moi je réponds que c'est justement à cause et au nom de Dieu que tout a été permis et justifié, surtout le pire, surtout le plus horrible et le plus cruel. Pendant des siècles, l'Inquisition, comme aujourd'hui les talibans, était une organisation terroriste qui s'acharnait à pervertir des textes sacrés qui devraient mériter le respect de ceux-là mêmes qui prétendaient y croire, un monstrueux pacte conjugal entre la religion et l'État contre la liberté de conscience et contre le plus humain des droits : le droit de dire "non", le droit à l'hérésie, le droit de choisir, puisque c'est tout ce que le mot hérésie signifie.