Points de repère : Da Vinci Code

Les évangiles sont-ils fiables ?

lundi 11 avril 2005. 

Le Da Vinci Code de Dan Brown pose une question essentielle : les 4 évangiles de la Bible sont-ils dignes de foi. Aujourd’hui : Les évangiles confrontés à l’histoire.

La question sous-jacente à la véracité des évangiles est la suivante : les Evangiles sont-ils une invention de l’Eglise ? Dan Brown pense que oui. Examinons la question !

S’il est démontré que le Jésus des Evangiles est le même que le Jésus de l’Eglise, il faut prouver alors que les Evangiles correspondent à une réalité historique, et que ces textes n’ont pas été inventés.

A cette question importante, on répondra d’abord par la confirmation de l’historicité de Jésus et de ses premiers disciples par les écrivains de l’époque :

 

Le témoignage des anciens historiens romains

Historiquement, Jésus est assez bien situé par les historiens et écrivains extérieurs à l’Eglise, dans les tous premiers siècles, que ce soit les historiens romains, juifs, ou autres écrivains de l’époque :

  En l’an 112, Pline le Jeune écrit dans une lettre à l’Empereur romain TRAJAN, en parlant des Chrétiens : « Toute leur faute ou toute leur erreur, ont-ils confessé, s’était bornée à se réunir habituellement à date fixe, avant le lever du jour, et à chanter entre-eux un hymne à Christ comme à un Dieu. »

-  Vers l’an 116, le fameux historien romain Tacite rapporte dans ses Annales que Néron, Empereur romain, accusé d’avoir lui-même incendié Rome en 64, accusa les Chrétiens : « Néron supposa des coupables et infligea des tourments raffinés à ceux que leurs abominations faisaient détester et que la foule appelait Chrétiens. »

  Suetone, un autre historien romain, vers l’an 12O, dans la Vie des douze Césars, fait d’un certain Chrestus l’instigateur de troubles chez les Juifs à Rome en 49, sous CLAUDE qui les expulsa.

Or justement, le livre des Actes des Apôtres - livre qui complète l’Evangile de Saint Luc dans le Nouveau Testament - fait une allusion directe à cette expulsion lors de l’arrivée de Saint Paul à Corinthe (Actes 18,2) (Aquila et Priscille).

  Le témoignage de Flavius Josèphe est le plus étonnant. Il a écrit en grec vers 93 l’histoire très précise de la destruction du Temple (environ en 70). Il est bien placé puisqu’il a participé à la révolte juive. Dans cette histoire il rapporte la mise à mort de l’apôtre Jacques, puis il parle du Christ : « En ce temps là, vivait un sage nommé Jésus. Il se conduisait bien et était estimé pour sa vertu. Nombreux furent ceux tant Juifs que gens d’autres nations qui devinrent ses disciples. Pilate le condamna à être crucifié et à mourir. Mais ceux qui étaient devenus ses disciples ne cessèrent de suivre son enseignement. Ils racontèrent qu’il leur était apparu trois jours après sa crucifixion et qu’il était vivant. Sans doute était-il le Messie sur qui les prophètes ont raconté tant de merveilles. »

Tous ensemble, ces témoignages écrits par des gens proches des événements sont suffisants pour attester l’existence historique de Jésus, son influence et sa notoriété. Bien sûr ils sont peu explicites sur les détails. Mais que savons-nous nous de plus de tant de personnages importants de l’époque dont l’histoire a retenu les noms ? Le plus souvent, pas grand chose.

 

La réalité historique des Evangiles confirmée par l’archéologie

Les Évangiles nous disent énormément de choses concrètes sur Jésus. Même s’ils n’ont pas pour but, à proprement parler, de raconter l’histoire au jour le jour et la description journalistique comme on aimerait le faire aujourd’hui. Ils sont cependant beaucoup plus précis qu’on ne l’a cru longtemps. Ils sont notamment pleins de détails sur les villes et villages du temps, sur les façons de vivre, de parler, sur les personnages officiels. L’histoire et l’archéologie confirment que tous ces éléments sont exacts, véridiques.

De plus, certains détails n’ont pas pu être inventés ou écrits tardivement parce que certaines institutions, certaines pratiques avaient changé peu de temps après la mort de Jésus, en l’an 70 notamment, l’année de la destruction de Jérusalem. 1 900 ans après les faits, on découvre que ce sont les Évangiles qui avaient raison contre ce que longtemps des historiens ont cru erroné dans certains passages de l’Évangile : ainsi, dans l’Évangile de saint Jean, réputé plus spirituel et moins précis, plus détaché des temps et des lieux, on a trouvé vingt noms de localités précises de plus que dans les trois autres évangélistes. Un certain nombre de ces localités ont pu être identifiées, alors qu’elles avaient disparu. Les historiens n’en ont retrouvé l’existence que récemment.

 

L’énigme de Nazareth

De même certains se sont demandé un moment si la localité de Nazareth n’avait pas été inventée par les Évangiles. Pourquoi ? parce que l’Ancien Testament et les anciens commentaires hébraïques ne parlent pas de Nazareth. Des journalistes en on fait tout un roman. Mais à la vérité, en 1962 déjà, une équipe d’archéologues israéliens dirigés par le professeur Avi Jonah a trouvé dans les ruines de Césarée Maritime une plaque gravée en hébreu datant du 3e siècle après Jésus-Christ portant le nom du village de Nazareth. Il s’agit d’une liste de familles rabbiniques réfugiées dans des villes de tradition juive après la seconde destruction de Jérusalem. Quant aux fouilles opérées à Nazareth elles montrent une occupation très ancienne du site (7e siècle av. J C) mais aussi de nombreuses habitations creusées dans le roc, des silos et des tombeaux datant d’avant l’occupation romaine (1er siècle av. J C) à un niveau inférieur à une voie romaine. Nazareth était alors un petit village agricole.Toutes les théories échafaudées affirmant que les évangélistes auraient inventé la cité de Nazareth, parce que ce mot aurait une portée symbolique, tombent à l’eau.

 

Deux autres exemples

Autre exemple. On a retrouvé à Jérusalem la « piscine aux cinq portiques », la piscine de Bethesda, près de la porte des Brebis, alors que les critiques pensaient que c’était une description mythique.

Quant à Pilate lui-même, le Préfet Romain qui a condamné Jésus à mort et dont on n’avait pas retrouvé trace, pendant dix huit siècles des archéologues Italiens ont retrouvé, en 1961 également dans les ruines de Césarée maritime, son nom gravé sur une pierre avec sa fonction précise : « prefectus. » Ce titre du gouverneur devait changer dans la seconde moitié du 1ers. Ap. J C et devenir “ Procurateur ”, titre que Tacite donne par erreur à Pilate.

 

Conclusion

La description des lieux, des monuments, des responsables politiques et religieux par les Evangiles, est très importante : en effet après l’année 70 et l’écrasement de la révolte juive par Titus beaucoup de ces choses disparaissent ou sont définitivement modifiées. Ceux qui ont été capables de les décrire telles qu’elles étaient auparavant sont de bons témoins : ils nous disent la vie en Palestine telle qu’ils l’ont vécue avant l’année soixante-dix. Dès lors, cet état de fait est un argument solide en faveur de la fiabilité des Evangiles.

La prochaine fois, nous nous pencherons sur la transmission des Evangiles.