Vers le socialisme autogéré . . .

Il y a 150 ans, Marx et Engels écrivaient " Le Manifeste du Parti Communiste". Cet ouvrage annonçait la fin à venir du capitalisme, et l'inéluctable avènement du socialisme. Aujourd'hui, le capitalisme est toujours là. Depuis 150 ans, il a su s'adapter, évoluer. Bien sûr ce ne fut pas sans crises, sans guerres, mais il faut reconnaître que par rapport à son prédécesseur, le système féodal, d'importantes évolutions technologiques ont vu le jour sous ce système, ainsi qu'un certain nombre d'avancées sociales.

   Le capitalisme a "envahi" la planète. La quasi-totalité de la population mondiale dépend, aujourd'hui, du même système économique et financier, basé sur le dollar, sur la rentabilité des capitaux internationaux, et soumis à la "loi du profit". Or, une gigantesque crise du système est en train de se généraliser.

              L'économie asiatique, modèle des années 90, est déjà partiellement effondrée. Le chômage, inconnu dans ces pays, est en train de voir ses chiffres augmenter parfois très fortement et la misère apparaît déjà dans quelques pays ruinés par le flux et le reflux des capitaux. La Russie et plusieurs pays de l'Est, achevés par 10 ans de capitalisme voient leurs misérables citoyens revenir au troc afin d'assurer leur maigre subsistance. Les bourses d'Amérique Latine et occidentales jouent au yo-yo. Des banques et de grosses institutions financières font faillite ou fusionnent pour l'éviter. Les inégalités nationales et internationales sont de plus en plus croissantes. La croissance économique diminue, et est même entrée en récession dans plusieurs pays. Les masses monétaires augmentent à des taux jamais vu hors période d'inflation, et la déflation apparaît en Chine et au Japon. Le spectre du krach de 1929 et de la "Grande Dépression des années trente" est de retour.

Certains penseront: "Le capitalisme s'est sorti de beaucoup de crises, il n'y a pas de raison qu'il ne se sorte pas de celle là. Et de toute façon, il n'y a pas d'autre solution." Qu'ils se disent que beaucoup de leurs anciens pensaient la même chose du mode de production féodal en 1789.

Nous sommes entrés dans un processus de crise du capitalisme ayant une étendue, et des conséquences, beaucoup plus importantes que celle des années trente. Une telle crise ne pouvant que favoriser, voire nécessiter une transition vers un autre système, il est urgent d'avoir une vision actualisée de ce que pourrait être un système socio-économique socialisé moderne.