Mieux étouffer les révoltes.
Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut pas s'y prendre de manière violente.
Il suffit de créer un conditionnement collectif si puissant que l'idée même de révolte ne viendra même plus à l'esprit des hommes.

L'idéal serait de formater les individus dès la naissance en limitant leurs aptitudes biologiques innés.

Ensuite, on poursuivrait le conditionnement en réduisant de manière drastique l'éducation, pour la ramener à une forme d'insertion professionnelle. Un individu inculte n'a qu'un horizon de pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres, moins il peut se révolter.

Il faut faire en sorte que l'accès au savoir devienne de plus en plus difficile et élitisme. Que le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l'information destinée au grand public anesthésiée de tout contenu à caractère subversif. Surtout pas de philosophie.

La encore, il faut user de persuasion et non de violence directe: on diffusera massivement, via la télévision, des informations et des divertissements flattant toujours l'émotionnel ou l'instinctif. On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon dans un bavardage et une musique incessante, d'empêcher l'esprit de penser.

On mettra la sexualité au premier rang des intérêts humains. Comme tranquillisant social, il n'y a rien de mieux. En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l'existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d'entretenir une constante apologie de la légèreté; de sorte que l'euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur du bonheur humain et le modèle de la liberté.
                                                      Aldous HUXLEY  1939
Voir LASSALLE Ferdinand né en 1825 à Breslau et décédé en 1864 à Carouge. Théoricien Socialiste.
 M.M le 29 mai 2015